Douze jeux. Dix reposent sur les mots anglais, un sur les nombres et un sur l’histoire, et le plus intéressant, c’est à quel point ils sont construits différemment. Cinq — Proximity, Traverse, Quartet, Outlier et Huddle — partagent une même carte des relations de sens entre les mots, et Ratio fait de l’arithmétique sur des vecteurs de mots. Lexis lit un dictionnaire à l’envers. Pollen et Perimeter s’appuient sur des listes de mots soigneusement réduites, Rebus sur des indices écrits à la main, Tally sur un solveur arithmétique exhaustif et Epoch sur mille cinq cents moments d’histoire choisis à la main. Les douze sont gratuits, fonctionnent hors ligne et ne demandent jamais de compte.
À noter : dix de ces jeux utilisent du vocabulaire anglais, avec une interface en anglais. Tally, le casse-tête de calcul, se joue sans connaître l’anglais, et Epoch demande seulement de lire de courtes descriptions.
Cinq de ces jeux traitent un mot comme un point dans l’espace plutôt que comme une suite de lettres. Cette seule décision fait énormément de travail. Elle permet à Proximity de vous dire que tea est le troisième mot le plus proche de la réponse sans qu’ils partagent une lettre, à Traverse d’accepter snow après winter et de refuser bicycle en expliquant pourquoi, et à une grille Quartet d’être testée — avant que quiconque y joue — à la recherche d’un mot qui appartiendrait secrètement à deux groupes. La carte est un modèle de plongements lexicaux embarqué dans chaque application : rien de ce que vous tapez ne quitte votre téléphone. Trois articles du blog (en anglais) l’expliquent : comment une carte des mots est devenue cinq jeux, ce que mesure « proche par le sens » et pourquoi chaque puzzle de Quartet et d’Outlier n’a qu’une réponse.
Ratio emmène les vecteurs de mots là où les cinq autres ne vont pas : l’arithmétique. Dans une bonne carte des mots, le pas de man à woman va dans le même sens que celui de king à queen, et une analogie se résout en refaisant ce pas depuis un autre mot. Ses 38 000 puzzles viennent de modèles de relations écrits à la main, tous vérifiés sur les vecteurs qui jugent votre réponse — c’est aussi pourquoi un mot qui suit le motif aussi bien que celui prévu est accepté.
Trois autres jeux de mots avaient besoin de ce que la carte ne peut pas donner. Lexis exige des définitions précises, il repose donc sur WordNet, la base lexicale que Princeton entretient depuis les années 1980. Pollen exige un dictionnaire incontestable, sa liste est donc sévèrement réduite aux mots d’usage courant. Et Rebus exige des indices qu’une personne aura plaisir à résoudre, ce qu’aucun programme ne sait juger — ses trois cents indices ont donc été écrits à la main.
Perimeter est le plus récent. Douze lettres occupent les quatre côtés d’un carré, chaque mot doit traverser le carré d’une lettre à l’autre, et chaque mot commence par la dernière lettre du précédent. Son dictionnaire de plus de 22 000 mots est tiré d’ENABLE, une liste du domaine public, et chacun de ses 500 puzzles a été vérifié soluble en deux à quatre mots avant publication : le par que vous visez est un vrai minimum, pas une estimation.
Tally ne parle pas de mots du tout. Six nombres, une cible et les quatre opérations. Ce qu’il partage avec les autres, c’est l’exigence d’équité : chaque puzzle passe par un solveur exhaustif avant publication, si bien qu’il est garanti soluble et que sa difficulté est une mesure plutôt qu’une estimation.
Epoch laisse lui aussi les mots de côté, pour l’histoire. Chaque manche, ce sont cinq événements — inventions, batailles, traités, films, lancements spatiaux — à remettre dans l’ordre sur une frise. Ses plus de 1 500 événements ont été choisis à la main à partir de Wikidata, et la difficulté vient de l’écart entre les dates : des siècles pour les manches faciles, quelques années pour les difficiles.
Ni compte, ni inscription, ni synchronisation. Vos statistiques vivent sur votre appareil et nulle part ailleurs. Pas de chrono dans les jeux de réflexion, et aucune série qui vous punit d’un mardi chargé. La publicité les garde gratuits et reste à sa place : jamais sur un plateau pendant qu’un chrono tourne, jamais sur un écran qui passe de main en main, jamais au milieu d’un puzzle. Quand une pub débloque quelque chose, le déblocage est définitif et le choix vous appartient.